Différence nems et rouleaux de printemps : ne plus les confondre.

Deux classiques vietnamiens que tout le monde met dans le même panier, et pourtant tout les sépare : l’un est frit et brûlant, l’autre cru et frais. Voici le décryptage complet, bouchée par bouchée.

Illustration éditoriale comparant les nems frits et les rouleaux de printemps frais, cuisine vietnamienne
L’essentiel en trois phrases

Le nem est une entrée frite : une galette de riz roulée sur une farce de viande et de légumes, puis plongée dans l’huile jusqu’au croustillant doré, servie chaude. Le rouleau de printemps est cru : une galette de riz simplement réhydratée, garnie de crevette, de vermicelles et d’herbes fraîches, servie froide. En résumé, le nem croque et réchauffe, le rouleau de printemps rafraîchit et fond — deux entrées, deux plaisirs, deux sauces.

Pourquoi tant de gens les confondent au menu

À la carte d’un restaurant vietnamien, ils se retrouvent souvent l’un sous l’autre, dans la même rubrique « entrées », désignés par des noms qui se ressemblent. On lit « nems » d’un côté, « rouleaux de printemps » de l’autre, parfois « rouleaux impériaux », et l’on hésite. Beaucoup pensent commander la même chose sous deux appellations, ou imaginent qu’il s’agit d’une simple variante de taille. La réalité est tout autre : ce sont deux préparations fondamentalement différentes, qui n’ont en commun que la fine galette de riz qui les enveloppe.

La confusion tient aussi à l’histoire des mots. En France, « nem » s’est imposé pour désigner le petit rouleau frit, alors qu’au Vietnam on parle plutôt de « chả giò » dans le Sud et de « nem rán » dans le Nord. Le rouleau de printemps frais, lui, s’appelle « gỏi cuốn » : littéralement « rouleau de salade ». Deux familles, deux vocabulaires, un seul rayon sur le menu — de quoi brouiller les pistes pour qui découvre la cuisine vietnamienne.

Une fois la distinction posée, elle ne s’oublie plus : il suffit de retenir un mot, la cuisson. Le nem passe par l’huile bouillante, le rouleau de printemps jamais. Tout le reste — la texture, la température, la sauce, le moment où on les sert — découle de cette seule différence. C’est le fil que nous allons suivre tout au long de ce guide.

Le croustillant

Les nems : la galette de riz dorée à la friture

Le nem, c’est d’abord une farce. On hache finement de la viande — traditionnellement du porc, parfois du poulet, souvent relevée de crevette — que l’on mêle à du vermicelle de riz préalablement trempé, à de la carotte râpée, du champignon noir, un peu d’oignon et d’aromates. Le tout est assaisonné, lié juste ce qu’il faut pour rester moelleux, puis déposé sur une galette de riz que l’on roule bien serré, en repliant les côtés pour emprisonner la garniture.

Vient ensuite le geste qui définit le nem : la friture. Le rouleau est plongé dans l’huile chaude jusqu’à ce que la galette prenne cette teinte dorée, ambrée, presque cuivrée, et devienne cassante. Sous la dent, l’enveloppe craque, puis laisse place à un cœur fondant et parfumé, encore fumant. C’est ce contraste, le croustillant qui cède sur une farce tendre, qui fait toute la signature du nem.

On le sert toujours chaud, en tout début de repas. Au nord du Vietnam, le « nem rán » est un incontournable des tables de fête ; au sud, le « chả giò » adopte parfois une galette de blé plus fine et bulleuse. Sous nos latitudes, c’est simplement « le nem » : l’entrée vietnamienne par excellence, celle qui ouvre l’appétit sur une note dorée et réconfortante.

Beignet vietnamien croustillant et doré trempé dans une sauce, façon nem frit servi en entrée
Cuisinier saisissant un plat à la flamme intense dans la cuisine ouverte du Phở 98
En cuisine

La friture, tout un tour de main

Réussir un nem tient à peu de chose, mais ce peu est décisif : la température de l’huile et le timing. Trop tiède, le bain détrempe la galette qui devient molle et grasse ; trop vive, elle brûle et fonce avant que le cœur n’ait eu le temps de chauffer. Le bon nem se joue dans une fenêtre étroite, celle qui donne une dorure régulière et un croustillant net, sans lourdeur.

La qualité de la galette compte tout autant. Roulée trop lâche, elle se déchire et laisse fuir la farce ; roulée trop serrée, elle se fend à la cuisson. Chez les artisans, chaque nem est formé à la main, un à un, pour obtenir cette tension parfaite qui tient sans casser. Certains passent la galette dans un mélange sucré avant la friture, pour accentuer la couleur et le craquant.

Enfin, un nem se mange dans la minute. Servi brûlant, il garde tout son croquant ; laissé à attendre, il ramollit à mesure que la vapeur du cœur détend la galette. C’est pourquoi les bonnes maisons les frittent au dernier moment, à la commande, pour que le premier morceau soit aussi croustillant que le dernier.

La fraîcheur

Les rouleaux de printemps : la fraîcheur crue

Le rouleau de printemps prend le contre-pied exact du nem. Ici, aucune friture : la galette de riz est simplement réhydratée quelques secondes dans l’eau tiède, jusqu’à devenir souple, translucide et légèrement collante. On la garnit à froid, on la roule, et c’est tout — pas de cuisson, pas d’huile, pas de brûlant. On le déguste tel quel, à température ambiante ou frais.

À l’intérieur, la garniture joue la carte de la légèreté et de la couleur : des crevettes cuites coupées en deux qui rosissent sous la galette translucide, des vermicelles de riz, de la salade croquante, et surtout un généreux bouquet d’herbes fraîches — menthe, coriandre, parfois ciboulette ou basilic thaï. Certaines versions ajoutent une lamelle de porc ou quelques bâtonnets de légumes croquants, mais l’esprit reste le même : du frais, du vert, du vif.

C’est le « gỏi cuốn », le « rouleau de salade » du Sud du Vietnam, né d’un climat chaud où l’on cherche la fraîcheur plutôt que le réconfort d’un plat frit. Sa galette translucide laisse deviner la garniture comme à travers un voile : c’est un plat qui se regarde autant qu’il se déguste, d’une élégance toute simple.

Pour ne plus jamais hésiter devant la carte, voici les six points qui opposent, un à un, le nem au rouleau de printemps. Une même galette de riz, deux plats que tout sépare :

Nems contre rouleaux de printemps : le comparatif point par point.
CritèreNemsRouleaux de printemps
CuissonFrits à l’huileAucune cuisson, crus
TextureCroustillant, cassantSouple, moelleux, frais
TempératureServis chaudsServis froids ou tièdes
LégèretéRiches, gourmandsLégers, peu caloriques
SauceNuoc-cham aciduléeHoisin-cacahuète onctueuse
OccasionRéconfort, saison froideFraîcheur, saison chaude
À table

Comment les déguster et les accompagner

La tradition vietnamienne ne se contente pas de poser l’entrée dans l’assiette : elle en fait un petit rituel. Le nem, brûlant et croustillant, se roule dans une feuille de salade avec quelques brins de menthe et de coriandre, avant d’être trempé dans la sauce. Cet enrobage frais tempère le gras de la friture et apporte, en une seule bouchée, la rencontre du chaud, du croquant et du végétal.

Le rouleau de printemps, lui, se déguste tel quel, coupé en deux d’un geste net pour révéler sa garniture en coupe, ou entier, à la main. On le trempe généreusement dans sa sauce et on le savoure sans chichi. Sa fraîcheur en fait l’entrée idéale des beaux jours, ou une bouchée d’apéritif légère avant un phở fumant.

Dans les deux cas, le dressage compte : herbes fraîches disposées à côté, quartiers de citron vert, salade croquante, sauce servie à part dans une petite coupelle. On mange avec les mains autant qu’avec les baguettes, et l’on assemble soi-même sa bouchée. C’est là toute la convivialité de l’entrée vietnamienne, à partager en début de repas comme à l’apéritif.

Table vietnamienne dressée avec un bol de phở, des nems dorés et des herbes fraîches chez Phở 98

Quelle sauce pour chacun ?

La sauce n’est pas un détail : c’est elle qui accorde l’entrée à son caractère. À chaque rouleau la sienne.

Le nem : nuoc-cham

Une sauce claire et vive, à base de saumure de poisson (nuoc-mam) allongée d’eau, de sucre, de jus de citron vert, d’ail et de piment. Son acidité tranche le gras de la friture et réveille le croustillant. On y ajoute souvent de fines lamelles de carotte.

Le rouleau de printemps : hoisin-cacahuète

Une sauce sombre et onctueuse, où le hoisin sucré rencontre la cacahuète pilée, parfois relevée d’un point de piment. Sa douceur enveloppe la fraîcheur crue de la garniture et lui donne du corps, sans jamais l’écraser.

Table vietnamienne dressée avec un bol de phở, des nems dorés et des herbes fraîches chez Phở 98
Paris 9e

Nems et rouleaux au Phở 98, Paris 9e

Au 45 rue du Faubourg Montmartre, à deux pas des Grands Boulevards, nous préparons nos entrées maison dans le même esprit : des nems roulés et frits à la commande pour un croustillant intact, et des rouleaux de printemps montés au dernier moment pour garder toute leur fraîcheur. C’est la manière la plus gourmande d’ouvrir un repas, avant un bol de phở fumant ou une spécialité du Sichuan.

nems à Paris 9e · notre restaurant vietnamien à Paris

Dans cet article

Vos questions sur les nems et les rouleaux de printemps

  1. Les nems sont-ils forcément frits ?

    Oui. Le nem se définit par sa friture : une galette de riz roulée sur une farce, puis plongée dans l’huile chaude jusqu’à devenir dorée et croustillante. C’est précisément ce passage par l’huile qui distingue le nem du rouleau de printemps, lequel n’est jamais cuit.

  2. Le rouleau de printemps se mange-t-il froid ?

    Oui. Le rouleau de printemps, ou gỏi cuốn, se déguste cru et froid, ou tout au plus tiède. Sa galette de riz est simplement réhydratée à l’eau, jamais frite, et sa garniture d’herbes, de crevette et de vermicelles reste fraîche.

  3. Lesquels sont les plus légers ?

    Les rouleaux de printemps. Sans friture ni huile, garnis d’herbes, de crevette et de vermicelles, ils sont nettement plus légers et moins caloriques que les nems, qui restent une entrée frite, plus riche et plus gourmande.

  4. D’où viennent les nems et les rouleaux de printemps ?

    Les deux sont des classiques vietnamiens. Le nem frit se décline en « nem rán » au Nord et en « chả giò » au Sud. Le rouleau de printemps frais, le « gỏi cuốn », est une spécialité du Sud, née d’un climat chaud qui privilégie la fraîcheur.

  5. Quelle sauce accompagne chacun ?

    Le nem se trempe dans une sauce nuoc-cham, claire et acidulée, à base de nuoc-mam, citron vert, ail et piment, qui tranche le gras de la friture. Le rouleau de printemps s’accorde plutôt à une sauce hoisin-cacahuète, sombre et onctueuse.

  6. Peut-on commander nems et rouleaux à emporter ?

    Oui. Nos entrées se savourent sur place comme à emporter, et la commande en ligne est possible via nos partenaires de livraison. Les nems se transportent bien en gardant leur croustillant quelques minutes ; les rouleaux voyagent au frais.

Pour aller plus loin

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